Depuis le 1er janvier, le coefficient de conversion de l'électricité passe de 2,3 à 1,9 dans le calcul du Diagnostic de Performance Énergétique. Ce changement technique corrige une injustice : les logements chauffés à l'électricité, même bien isolés et peu émetteurs de CO2, se retrouvaient souvent pénalisés face aux biens au gaz ou fioul. Le mix électrique français, largement nucléaire et renouvelable, justifie cet ajustement.
Les projections officielles tablent sur 850 000 logements qui sortent automatiquement du statut de passoire énergétique (F ou G) grâce à ce nouveau calcul, sans un seul euro de travaux. Le ministère du Logement évoque plutôt 700 000 dans le parc des résidences principales et secondaires, chiffre à confirmer dans les prochains mois. Conséquence directe : un bien classé G interdit à la location depuis janvier 2025 qui bascule en F peut être loué jusqu'à l'interdiction des F en 2028. Même logique pour un F qui grimpe en E et gagne un sursis jusqu'en 2034.
Cette revalorisation mécanique impacte directement les prix. Un mauvais classement énergétique décote un bien de 15 à 25% à la vente selon les notaires. Passer de G ou F à D ou E sans travaux redonne de la valeur et de l'attractivité locative, surtout dans les zones tendues où l'offre manque.
Si les professionnels de l'immobilier saluent la correction d'une pénalisation injuste, certaines associations environnementales dénoncent une dilution de l'incitation à vraiment rénover. Pour les locataires, une meilleure étiquette ne garantit ni facture énergétique plus basse, ni confort thermique amélioré puisque rien n'a changé physiquement dans le bâtiment.
Rappel du calendrier réglementaire : interdiction de louer les G depuis 2025, les F dès 2028, les E en 2034.